J'ai commencé ma carrière en 1985 à Science et Vie Micro (SVM), un des
premiers magazines de micro-informatique grand public de l'Hexagone.
J'étais passionné d'ordinateurs, le marché était en plein essor et la
demande était forte, tant du côté des lecteurs que des annonceurs.
Bref, il y avait du boulot (et pas la concurrence du online comme
aujourd’hui...). Les publications spécialisées, si elles sont sérieuses
- et SVM l'était - sont une excellente école ; pas question de donner
une caractéristique erronée ou approximative, encore moins de porter un
jugement sans avoir vérifié 3 fois que ce que l'on avance est vrai.
Après SVM, j'ai travaillé dans d'autres magazines informatiques, j'ai
dirigé la « branche française » (enfin, il y avait 3 personnes...)
d’une petite société d’études de marché japonaise (Cores Europe) et
j’ai même fait un rapide passage dans une agence de RP (Pierre Braudé
Associates).
Puis au début des années 90, une idée commença à me trotter dans la tête : je me disais qu'il y avait sûrement de la place pour un "60 millions de consommateurs" pour l'entreprise ? Avec les moyens du bord, j'ai griffonné une maquette, rédigé un pitch et j'ai commencé à vendre l'idée auprès du maigre réseau que je possédais à l'époque. Au bout de quelques mois, j'ai fini par intéresser un petit groupe (Pressimage, aujourd'hui disparu). C'est ainsi que naquit "Décision Achats". L'aventure a été très riche d’enseignement. Je n'avais aucune expérience de créateur de magazine, j'avais une toute petite équipe et des moyens plutôt limités. Mais au bout de quelques mois le bébé a vu le jour.
Trois ou quatre numéros après la sortie du numéro 1 de Décision Achats, j'ai reçu un coup de fil de Prisma Presse. Un certain Rémy Dessarts cherchait un journaliste spécialisé en « conso d’entreprise » pour un magazine économique haut de gamme répondant au nom de « L’Essentiel du Management ». C'était très tentant. Pourtant, estimant que je n'avais pas assez sorti de numéros de Décision Achats pour valoriser mon expérience, j'ai décliné l'offre. Heureusement, quelques mois plus tard, Eric Meyer, le rédacteur en chef, me contactait à nouveau...
Je suis resté 5 ans à l'Essentiel du Management (aujourd’hui « Management » tout court) et je considère que cela a été ma meilleure expérience de presse - avec SVM. J'y ai appris énormément de choses, tant sur le fond que sur la forme et j’ai trouvé que le management de l’entreprise était vraiment excellent. En outre j'ai bénéficié d'une période très favorable : l'explosion de la téléphonie mobile, le phénomène Internet, le boom économique de la fin des années 90. C'était passionnant.
En 1999, Management a changé de têtes. La nouvelle équipe dirigeante me plaisait moins, je commençais à tourner en rond et comme c'était la pleine époque des "dot com" je passais mon temps à interviewer des petits jeunes qui montaient des boîtes à coup de millions. J'avais très nettement l'impression de regarder passer les trains. J'ai décidé de faire le grand saut. En 2000 j'ai donc créé Textis, une agence de presse spécialisée dans les contenus pour le Web : texte, vidéo et audio. J'avais juste oublié 3 choses : 1) Former des journalistes multimédias coûte très cher et prend du temps, 2) En 2000 le web était encore pré-pubère ; le multimédia n'était pas la priorité et 3) Le business modèle des sites d'information était quasi inexistant (il l’est toujours…). Peu étaient prêts à acheter du contenu. J'ai tenu 2 ans, à bout de bras, avec une équipe sympa mais jeune et inexpérimentée et fin 2002, lorsque 90% de mes clients ont disparu, j'ai fini par être le dernier à éteindre la lumière en sortant.
En 2003, j'ai repris dare dare la pige. Ce n'était pas la meilleure période, mais comme en 10 ans mon réseau s'était sacrément étoffé, il m'a suffi d'empoigner mon téléphone pour qu'en quelques jours mon carnet de bal soit rempli... Soudainement mon champ d'investigation s'est sacrément élargi : de l'Expansion où je faisais un papier mensuel sur les loisirs des patrons à des cas d'entreprise pour le Figaro Entreprises en passant par "l'économie expliquées aux jeunes filles de 12 à 14 ans" pour Lolie (je vous promets que c’est vrai !), sans oublier des papiers "psy et pro" pour Courrier Cadres, je vous assure que je me suis bien amusé. Seul défaut : pour gagner correctement sa vie à la pige, il faut beaucoup bosser et être super productif. J'étais épuisé.
Du coup j'ai pensé qu'en reprenant un job salarié, ma vie allait se calmer un peu. J'avais tort... En 2005 on m'a proposé de prendre la rédaction en chef de PC Expert, un ex-fleuron de la presse informatique des années 90. Le groupe à qui il appartenait depuis 2001 (VNU) était en difficulté, ils en étaient au 3ème ou 4ème plan social, tout le monde était exsangue et vivait dans la nostalgie du passé... Bref, question management la partie n'était pas gagnée. Et d'ailleurs je ne l'ai pas gagnée. Seule satisfaction : pendant "mon règne" les ventes se sont bien maintenues, ce qui, vu les circonstances, n'était pas évident.
En 2007, j'ai fui ! Je suis rentré à Courrier Cadres, le magazine édité par l'Apec pur lequel j’avais déjà pigé. Courrier Cadres était en train de se transformer complètement ; d'hebdo bourré de petites annonces d’emploi, il devenait mensuel et les annonces disparaissaient au profit d’articles centrés sur les préoccupations du cadre (évolution de carrière, « self improvement », gros sous…). Je ne pensais pas rester très longtemps (mon contrat original était un CDD de 6 mois) mais de fil en aiguille on m’a finalement proposé de piloter le projet du site internet du journal, ce qui correspondait exactement à ce que je cherchais à faire. Du coup, j’y suis encore…
Eric Tenin
Septembre 2009
Puis au début des années 90, une idée commença à me trotter dans la tête : je me disais qu'il y avait sûrement de la place pour un "60 millions de consommateurs" pour l'entreprise ? Avec les moyens du bord, j'ai griffonné une maquette, rédigé un pitch et j'ai commencé à vendre l'idée auprès du maigre réseau que je possédais à l'époque. Au bout de quelques mois, j'ai fini par intéresser un petit groupe (Pressimage, aujourd'hui disparu). C'est ainsi que naquit "Décision Achats". L'aventure a été très riche d’enseignement. Je n'avais aucune expérience de créateur de magazine, j'avais une toute petite équipe et des moyens plutôt limités. Mais au bout de quelques mois le bébé a vu le jour.
Trois ou quatre numéros après la sortie du numéro 1 de Décision Achats, j'ai reçu un coup de fil de Prisma Presse. Un certain Rémy Dessarts cherchait un journaliste spécialisé en « conso d’entreprise » pour un magazine économique haut de gamme répondant au nom de « L’Essentiel du Management ». C'était très tentant. Pourtant, estimant que je n'avais pas assez sorti de numéros de Décision Achats pour valoriser mon expérience, j'ai décliné l'offre. Heureusement, quelques mois plus tard, Eric Meyer, le rédacteur en chef, me contactait à nouveau...
Je suis resté 5 ans à l'Essentiel du Management (aujourd’hui « Management » tout court) et je considère que cela a été ma meilleure expérience de presse - avec SVM. J'y ai appris énormément de choses, tant sur le fond que sur la forme et j’ai trouvé que le management de l’entreprise était vraiment excellent. En outre j'ai bénéficié d'une période très favorable : l'explosion de la téléphonie mobile, le phénomène Internet, le boom économique de la fin des années 90. C'était passionnant.
En 1999, Management a changé de têtes. La nouvelle équipe dirigeante me plaisait moins, je commençais à tourner en rond et comme c'était la pleine époque des "dot com" je passais mon temps à interviewer des petits jeunes qui montaient des boîtes à coup de millions. J'avais très nettement l'impression de regarder passer les trains. J'ai décidé de faire le grand saut. En 2000 j'ai donc créé Textis, une agence de presse spécialisée dans les contenus pour le Web : texte, vidéo et audio. J'avais juste oublié 3 choses : 1) Former des journalistes multimédias coûte très cher et prend du temps, 2) En 2000 le web était encore pré-pubère ; le multimédia n'était pas la priorité et 3) Le business modèle des sites d'information était quasi inexistant (il l’est toujours…). Peu étaient prêts à acheter du contenu. J'ai tenu 2 ans, à bout de bras, avec une équipe sympa mais jeune et inexpérimentée et fin 2002, lorsque 90% de mes clients ont disparu, j'ai fini par être le dernier à éteindre la lumière en sortant.
En 2003, j'ai repris dare dare la pige. Ce n'était pas la meilleure période, mais comme en 10 ans mon réseau s'était sacrément étoffé, il m'a suffi d'empoigner mon téléphone pour qu'en quelques jours mon carnet de bal soit rempli... Soudainement mon champ d'investigation s'est sacrément élargi : de l'Expansion où je faisais un papier mensuel sur les loisirs des patrons à des cas d'entreprise pour le Figaro Entreprises en passant par "l'économie expliquées aux jeunes filles de 12 à 14 ans" pour Lolie (je vous promets que c’est vrai !), sans oublier des papiers "psy et pro" pour Courrier Cadres, je vous assure que je me suis bien amusé. Seul défaut : pour gagner correctement sa vie à la pige, il faut beaucoup bosser et être super productif. J'étais épuisé.
Du coup j'ai pensé qu'en reprenant un job salarié, ma vie allait se calmer un peu. J'avais tort... En 2005 on m'a proposé de prendre la rédaction en chef de PC Expert, un ex-fleuron de la presse informatique des années 90. Le groupe à qui il appartenait depuis 2001 (VNU) était en difficulté, ils en étaient au 3ème ou 4ème plan social, tout le monde était exsangue et vivait dans la nostalgie du passé... Bref, question management la partie n'était pas gagnée. Et d'ailleurs je ne l'ai pas gagnée. Seule satisfaction : pendant "mon règne" les ventes se sont bien maintenues, ce qui, vu les circonstances, n'était pas évident.
En 2007, j'ai fui ! Je suis rentré à Courrier Cadres, le magazine édité par l'Apec pur lequel j’avais déjà pigé. Courrier Cadres était en train de se transformer complètement ; d'hebdo bourré de petites annonces d’emploi, il devenait mensuel et les annonces disparaissaient au profit d’articles centrés sur les préoccupations du cadre (évolution de carrière, « self improvement », gros sous…). Je ne pensais pas rester très longtemps (mon contrat original était un CDD de 6 mois) mais de fil en aiguille on m’a finalement proposé de piloter le projet du site internet du journal, ce qui correspondait exactement à ce que je cherchais à faire. Du coup, j’y suis encore…
Eric Tenin
Septembre 2009








excellente l'interview cher Eric!!! merci pour cette synthèse - on oublie parfois des choses:)
Rédigé par : Virginie A | 15 octobre 2009 à 14:22